Dans le chapitre trois, Stéphanie a embauché Hélène pour travailler dans son magasin de lingerie. Un début de sensualité s’installe entre les deux femmes. ComplicitéDe retour chez elle, Stéphanie reprend ses feuilles et ses crayons. Elle est fermement décidée à réaliser enfin un premier portrait d’Hélène. Après quelques essais infructueux, elle croit déceler les petits détails caractéristiques du visage de la jeune vendeuse: les fins sourcils, les paupières, les plissements des joues quand la jeune femme sourit. Ils suffisent à rendre le dessin fidèle dès lors que l’allure générale est bien rendue.Lorsque Stéphanie entreprend de dessiner le cou et les épaules d’Hélène, un léger trouble l’envahit. Elle ne s’explique pas très bien ce dont il s’agit dans un premier temps, mais sent poindre comme une sorte d’envie d’aller plus loin. Pourquoi ne pas prendre le modèle dans sa totalité ? Après une intense émotion, semblable à celle vécue dans la journée, Stéphanie revient à plus de raison. Elle doit bien admettre qu’elle ne l’a aperçue qu’une seule fois, ce jour-même, et qu’elle est bien incapable de dessiner ce qu’elle a vu. Mais, si la collaboration des deux femmes se poursuit, et si Stéphanie a la chance de revoir son mannequin légèrement vêtue, comme cela est prévu, elle envisage d’ores et déjà de dessiner ce corps qui l’attire.Stéphanie redouble d’ardeur dans la confection du coordonné destiné à Hélène. D’une part, elle a hâte de finir sa première réalisation, de se prouver à elle-même qu’elle en est capable. Mais surtout, elle attend avec une impatience grandissante la séance d’essayage avec la jeune vendeuse. Elle travaille douze heures par jour, négligeant même de manger à l’occasion. Bien sûr, on ne la voit absolument plus dans la boutique. Hélène assume toute seule la fonction de vendeuse et elle se débrouille très bien. De sorte que l’ensemble est fini moins d’une semaine plus tard.Stéphanie propose à Hélène de réaliser l’essai le soir même. Ainsi, peu après six heures, Stéphanie voit entrer Hélène dans l’atelier.— Je viens de fermer le magasin, s’exclame cette dernière, je suis à toi !La propriétaire de l’« Amour de femme » la remercie gentiment pour sa coopération zélée et l’invite à venir chercher le coordonné posé sur sa table de travail. Alors qu’elle le lui tend, une question lui vient à l’esprit :— Mais où vas-tu pouvoir te changer? J’ai complètement oublié… J’aurais dû installer un rideau…— Ne te fais pas de souci, je vais me cacher dans ce coin et me dépêcher !Hélène s’éloigne donc de quelques mètres pour se déshabiller et revêtir le petit ensemble tant convoité. Stéphanie la devine malgré la pénombre. La rondeur de ses épaules, de son dos se détache nettement du fond uniformément sombre. Lorsqu’Hélène sort de l’obscurité, Stéphanie recule d’un pas pour mieux observer la jeune femme.— Tourne-toi s’il te plaît… Encore un petit peu… Mets-toi face à moi.Hélène se plie à toutes les volontés de Stéphanie, qui la dévore des yeux. Elle ressent une intense satisfaction : « Ce slip lui va très bien; il s’enfonce harmonieusement dans l’entrejambe, couvre admirablement ses fesses ; sa légère tension en magnifie les courbes. Quant au soutien-gorge, il accueille ses seins avec douceur, les retient à peine ; leurs extrémités font légèrement onduler le tissu, il dégage la naissance de la poitrine… » Stéphanie veut savoir si Hélène se sent bien dans ce coordonné, ce à quoi la jeune femme lui répond avec un sourire qu’elle ne veut plus le quitter.Stéphanie s’agenouille devant Hélène pour voir de plus près comment s’ajuste chaque sous-vêtement. Ses doigts ne s’attardent guère, car elle a peur de ne plus les contrôler. Elle sent le désir gagner son ventre. Son émotion est donc sans limite quand, au moment où elle se relève, Hélène pose ses mains sur ses hanches et lui pose un baiser sur les lèvres. La jeune vendeuse la regarde droit dans les yeux, scrutant le plus petit signe qui traduise l’accord de Stéphanie. Évidemment, elle n’attend pas longtemps ce témoignage de complicité. Elle rompt alors le silence qui servait de cadre à cette échange de regards :— Permets-moi de te remercier…Et la jeune vendeuse entreprend d’ouvrir chacun des boutons du chemisier de Stéphanie. Elle embrasse ses épaules et couvre son buste de caresses. Stéphanie n’est pas en état de résister, alors que les mains d’Hélène glissent sur son dos, déboutonnent sa jupe, se posent sur ses hanches et font tomber son vêtement.— Nous ne sommes pas à égalité, affirme Hélène, et elle se met à genou au pied de Stéphanie. Elle fait descendre le collant jusqu’au pied de la jeune femme. Les doigts d’Hélène font frissonner ses jambes. Sa bouche pose de savants baisers sur le pubis de Stéphanie, s’aventure entre ses cuisses. Elle sent que son slip est tout humide, que son sexe est en état de ressentir un immense plaisir.— Viens ! renchérit Hélène. Stéphanie se conforme aux ordres de la jeune vendeuse. Elle s’assied près d’elle.— Enlève ton soutien-gorge ! continue Hélène.Stéphanie passe ses mains dans son dos, dégrafe son sous-vêtement et écarte les bretelles de ses épaules. Elle le saisit alors avec une certaine pudeur et le pose non loin de ses jambes. La jeune vendeuse invite sa partenaire à s’allonger sur le sol, alors que ses lèvres se posent sur le bout des seins de Stéphanie, commencent à les exciter, les mordiller. Sa main gauche excite le sexe de sa partenaire à travers le slip, jusqu’à ce qu’elle décide de l’enlever. Désormais, Stéphanie est nue, à même le sol, soumise aux envies d’Hélène. Celle-ci continue de stimuler la poitrine de sa partenaire avec sa langue. Maintenant, la voie du sexe de Stéphanie est libre : Hélène engage son doigt entre les lèvres, en excite la surface, remonte jusqu’à son clitoris, appuie délicatement dessus. Pendant de longues minutes, Hélène ne se consacre qu’au plaisir de sa partenaire qui finit par exulter dans un cri.Fière de sa réussite, elle serre les cuisses pour contenir son désir. Elle sait que son sexe aussi est tout humide, que sa poitrine gonflée tend le soutien-gorge confectionné par Stéphanie, dont la respiration profonde traduit la violence des sensations. Hélène se lève, tend ses mains à Stéphanie et l’aide à se relever. Elle la serre contre elle :— La prochaine fois, ce sera à toi de me faire mourir de plaisir. Ton petit ensemble est à moi. Il a recueilli la substance de ma passion…La propriétaire de l’ « Amour de femme » cède sans résister aux doléances de son employée. D’ailleurs, il n’y a plus ici que deux femmes qui s’aiment et qui entendent bien satisfaire tous les caprices de leur sexualité.Stéphanie est désormais confortée par le succès de sa première expérience. Il lui faut maintenant réaliser une ligne de sous-vêtements originaux. Lorsque ceux-ci seront finis, qu’Hélène les aura essayés, elle convoquera quelques décideurs du métier à une présentation. Elle connaît déjà le prénom de son mannequin et elle ne doute pas qu’il saura les convaincre de la perfection du dessin de ses produits. Elle sait que c’est un travail de longue haleine et elle se donne trois mois pour le réaliser. Puisque Hélène est tout à fait apte à tenir le magasin, elle pourra consacrer tout son temps à son œuvre créatrice.Stéphanie a déjà un certain nombre d’idée de sous-vêtements dans la tête. Alors qu’elle entreprend de les matérialiser, pourquoi ne joindrait-elle pas l’utile à l’agréable en employant son passe-temps préféré à transcrire ces concepts sur le papier ? Le soir-même, elle commence un premier dessin. Elle imagine un corps de femme, à qui elle renonce à donner un visage. Elle s’inspire plus ou moins consciemment de son propre corps. Elle emprunte à celui d’Hélène ce qu’elle a pu figer dans sa tête.Puis elle l’habille d’un ensemble. Elle gomme un petit morceau du tracé de chaque épaule, dessine une parabole sur la poitrine, encore une autre courbe. Elle passe quelques zones au crayon et, petit-à-petit, le relief arrondi de deux seins cachés sous un bustier de tissu uni émerge du néant. Puis elle blanchit le bas du ventre et le haut des cuisses. Elle ajoute un trait en haut de cette zone, sous le nombril, et deux arcs de courbes dans sa partie inférieure, en travers des cuisses. Elle noircit légèrement l’entrejambe, donne un peu de relief au ventre et au pubis, ajoute quelques détails au sous-vêtement. « Ce serait très joli dans un fin tissu de coton blanc ! » finit-elle par conclure.Quelques jours plus tard, au terme d’un après-midi d’activité fébrile, Stéphanie propose à Hélène de venir passer le début de la soirée dans son appartement. Elle estime que les deux jeunes femmes pourront y discuter plus librement. Dès leur arrivée dans le logement de Stéphanie, cette dernière invite son amie à s’asseoir sur le canapé et lui demande d’attendre un court moment. Puis elle disparaît dans sa chambre. Lorsqu’elle en ressort quelques instants plus tard, elle est simplement vêtue d’un caleçon et d’un caraco qui dévoile la peau dorée de son ventre. Le caleçon épouse minutieusement la forme de ses jambes, des chevilles jusqu’aux fesses. Quant au caraco, il est retenu par de fines bretelles et tombe tout droit depuis l’extrémité des seins de Stéphanie sur quelques centimètres, si bien qu’il les cache complètement mais dévoile le nombril de la jeune femme. Celle-ci prépare quelques amuse-bouches tandis que la conversation entre les deux amies s’anime. Hélène est habillée d’une petite jupe noire sur un collant très foncé, à l’aspect satiné. Elle porte un pull en laine épaisse qu’elle ne tarde pas à quitter, dévoilant un soutien-gorge de dentelle noire. Sans la moindre gêne quant à leur tenue, les deux femmes continuent de grignoter et de discuter vivement.Alors que le repas, par ailleurs arrosé d’un merveilleux vin doux de Loire, touche à sa fin, les deux amies se livrent à quelques confidences. Stéphanie est curieuse de savoir si Hélène a déjà fait l’amour avec un homme.— Jamais encore, lui répond-elle, je pense que ce sera pour plus tard. Je suis très heureuse ainsi. Les hommes me font un peu peur. Lorsque je me sens seule, je me caresse. Avant toi, je n’avais pas eu d’aventure avec une femme. Je trouvais cela un peu ridicule, anormal, illogique. Mais j’ai envie de découvrir les arcanes de cette sexualité.Stéphanie s’accorde avec la jeune femme sur tous les points. « Quel heureux hasard, se dit-elle, que mon choix se soit porté vers elle. Ma première impression était la bonne. » Les deux amies se promettent de prolonger leur découverte de ce plaisir homosexuel, avant de connaître l’amour d’un homme.Puis elles vont s’asseoir sur le canapé afin d’échanger encore quelques secrets. Cette atmosphère de douce sensualité leur semble bien vite propice à un nouveau jeu amoureux. Cette fois-ci, c’est Stéphanie qui prend l’initiative d’entraîner sa partenaire :— Allonge-toi sur le ventre ! propose-t-elle à son amie.Puis elle commence à couvrir son dos de baisers, depuis la nuque jusqu’aux fesses. Hélène ronronne de félicité. Quand elle sent que le plaisir provoqué par ses lèvres a atteint sa limite, Stéphanie lui enlève sa jupe. Le collant noir d’Hélène renforce l’harmonie de ses jambes. Sous le fin quadrillage du nylon, Stéphanie reconnaît la dentelle noire de la culotte de sa partenaire. « Ce sera pour tout à l’heure… patience ! » se dit-elle.Et elle entreprend d’intenses caresses. Ses mains ne négligent aucun domaine du corps d’Hélène. Tantôt elles se font pressantes sur les fesses, tantôt elles se font douces sur les épaules. Puis elles plongent entre les cuisses, en excitent la face interne, avant de remonter sur les hanches comme si elles allaient soulever la jeune femme.— Je vais te retirer ton collant ! prévient Stéphanie et elle s’exécute doucement.Elle admire ce corps sans défense dont elle s’est fixé pour objectif de susciter le plaisir le plus intense. Elle s’allonge sur Hélène ; ses mains glissent sous la poitrine de sa partenaire, enserrent chacune un sein qu’elles commencent à stimuler par un savant mouvement des doigts. Le corps de son amie se débat pour contenir l’excitation croissante qui le taraude.Stéphanie s’assied de nouveau près d’Hélène, dégrafe le soutien-gorge noir et lui demande de s’allonger sur le dos. Les seins de la jeune vendeuse se dressent sous la pression du plaisir qui bout à l’intérieur. Son ventre est tout chaud. Stéphanie colle ses lèvres à celles de son amie, leurs langues se croisent. Elle serre l’extrémité d’un des seins d’Hélène entre le pouce et l’index, le stimule, l’échauffe puis sa bouche se pose sur l’aréole et complète judicieusement l’œuvre de ses doigts.Elle estime désormais qu’elle doit conduire Hélène à l’orgasme. Pour cela, elle se saisit du slip de son amie de part et d’autre de ses hanches et le fait progresser doucement jusqu’aux pieds de sa partenaire. Alors, elle s’agenouille entre ses jambes, face au pubis foncé qui se dessine sur la peau blanche. Elle est sous le charme du corps d’Hélène, mais elle n’a pas de temps à perdre, le plaisir de son amie ne doit en aucun cas retomber. Son visage s’avance entre les cuisses de la jeune femme couchée. Sa bouche caresse le clitoris, sa langue pénètre entre les lèvres du sexe de sa partenaire, en découvre le goût, la chaleur, l’humidité. Ses mains se frayent un chemin sous les fesses d’Hélène, les griffent délicatement. Elle accroît sans cesse l’intensité et la fréquence de ses stimulations jusqu’à ce que son amie soit emportée par un torrent de plaisir. Elle pose alors sa tête sur la poitrine encore toute haletante et les deux femmes s’endorment dans cette position.Le travail de conception de Stéphanie avance assez vite, malgré les inévitables essais, corrections, retouches inhérentes à cette activité. Il faut dire qu’elle y consacre beaucoup de temps, grâce à l’autonomie complète de son employée. Elle arrive tôt le matin, repart tard le soir et ne quitte guère son ouvrage de la journée. Paradoxalement, Hélène est là pour la déconcentrer de temps à autre, afin qu’elle ne sombre pas complètement dans cette folie créatrice, qui menace tout travail artistique.Stéphanie apporte rapidement à la boutique ses premiers dessins. Elle se sert de ces croquis pour concevoir les sous-vêtements. Bien entendu, il ne faut pas longtemps avant qu’Hélène ne les découvre :— Oh ! C’est superbe, c’est toi qui l’as fait ?— Oui, c’est un de mes passe-temps préférés.— Je ne m’en étais pas aperçue…— C’est parce que je n’en laisse aucun traîner. Ils sont tous dans une chemise, bien cachés dans mon appartement. Ceux-là sont très récents. Je vais m’en servir pour coudre.— Je comprends. Mais as-tu un modèle? Ce corps de femme est magnifique. Décidément, rien ne t’arrête, toi !— N’exagérons rien. Cela fait longtemps que je dessine et j’y consacre beaucoup de temps.— As-tu déjà dessiné d’après un vrai modèle?— Oh non! Cela ne m’attire guère. C’est possible quand on prend des cours de dessin. Mais je ne veux pas de professeur, et je ne veux pas dessiner le corps d’une inconnue allongée nue devant moi. Cela me remplirait de honte ou je ne sais pas quoi !— Et si ce n’était pas une inconnue ?Stéphanie avait senti venir la question de très loin. Hélène semble donc prête à toutes les expériences avec elle. Une fois encore, Stéphanie ne juge pas utile de refuser. Que n’a-t-elle rêvé, sinon de disposer de la jeune vendeuse comme modèle ? Alors, comme elle avait accordé à Hélène le privilège d’être son mannequin, elle fait aussi d’elle son modèle. Elle prend toutefois la précaution de préciser que ce sera une première, et que cela réclamera probablement beaucoup de temps, sans pouvoir exclure un échec. Mais rien ne perturbe la confiance d’Hélène que ce projet enthousiasme au plus haut point.En milieu de semaine, alors que les deux femmes sont en train de discuter de ce qu’elles vont faire pendant le week-end, Hélène apprend à Stéphanie que, le samedi soir suivant, se déroule le gala de son club de danse, et l’invite à venir y assister :— Alors comme cela tu pratiques la danse. Toi aussi tu me cache plein de choses ! Mais quel genre ?— De la danse de couple, moderne, du rock par exemple.— Mmmh… Et tu as un partenaire, alors ?— Oui bien sûr. C’est toujours le même avec lequel je m’entraîne. De sorte que, dans les compétitions, nous savons exactement ce dont l’autre est capable, quelles sont ses habitudes, etc.— Parce que tu fais des compétitions ?— Oui, c’est très sympathique. Et puis, nous nous ne débrouillons pas trop mal !— Comment est-il ?— C’est pas mon genre !— On dit toujours cela, mais…— Non vraiment, nous nous entendons très bien, c’est tout.— Bon allez, je te crois. Avez-vous prévu quelque chose à l’issue de ce gala ?— Non pourquoi?— Venez manger à l’appartement, ton partenaire et toi.— D’accord, je l’appelle ce soir pour lui en parler, et je te confirme demain…Si bien qu’après sa dernière journée de travail de la semaine, Stéphanie rentre chez elle se changer. Sur un body tout blanc, elle enfile directement une longue robe bleue, boutonnée de bas en haut sur le devant et délicatement resserrée sur la taille. Rapidement, car elle est déjà en retard, elle se rend au gala de danse d’Hélène. Heureusement, celle-ci n’est pas encore passée. Elle fait partie des adultes les plus expérimentés. Aussi, le couple qu’elle forme avec Marc, son partenaire, est l’avant-dernier à se présenter. Ils doivent patienter le temps que les plus jeunes aient fini leur prestation.Enfin, leur tour arrive. Hélène est très belle. Elle porte un body d’un vert très sombre sur un collant noir. Par-dessus, sa courte jupe s’envole au moindre mouvement. Stéphanie apprécie de regarder le couple danser. Elle-même ne pratique guère cette activité. Elle ignorait même combien elle pouvait être variée et sportive. Elle applaudit vivement son amie à l’issue de sa présentation. Lorsque le gala est terminé, elle attend qu’Hélène et Marc se soient douchés, puis ils partent tous les trois vers le domicile de Stéphanie.Le repas est bien animé. Marc ne semble pas apeuré par la présence des deux femmes. Le couple de danseurs apprend toutes sortes de choses à leur hôte sur l’art qui est le leur. Ils ont débuté dans ce qui est aussi un sport voilà plus de dix ans, et leur palmarès s’est déjà bien étoffé ces trois dernières années, depuis qu’ils s’entraînent véritablement ensemble. Ils expliquent à Stéphanie ce qui rend la danse si exigeante : la concentration nécessaire à une réalisation harmonieuse des gestes, la condition physique excellente pour pouvoir tenir sans fatiguer pendant une prestation et pouvoir donner le meilleur de soi-même jusqu’à la dernière seconde, la plus difficile.Marc quitte les deux femmes vers vingt-trois heures trente, après avoir vivement remercié Stéphanie pour son accueil et félicité une nouvelle fois sa partenaire. Hélène est très heureuse de sa soirée, et elle le manifeste en ne cessant ni de rire, ni de parler. Alors que Stéphanie commence à ranger la table, Hélène la prend par les hanches :— Attends avant de ranger, tu me plais beaucoup dans ta petite robe ! lui dit-elle malicieusement.Aussitôt, elle défait un bouton sur la poitrine de Stéphanie, tout en continuant d’extérioriser bruyamment sa joie. Stéphanie se laisse faire avec amusement. Elle aime quand son amie est joyeuse.— Allons dans ma chambre ! invite Stéphanie, et les deux femmes changent de pièce.— Allonge-toi sur le lit ! demande Hélène, et elle s’assied près de son amie.Maintenant, elle enlève un à un tous les boutons, et ils sont nombreux, qui ferment la robe de Stéphanie. Lorsqu’elle a achevé sa tâche, Hélène écarte les deux pans de la robe sur le lit, dévoilant le corps de sa partenaire habillée de son body en tissu uni, tout blanc. Ses mains caressent les seins et le ventre de Stéphanie, puis ses cuisses, ses hanches. Elle se baisse pour l’embrasser amoureusement.Mais, Hélène est submergée par le désir, et ses doigts se posent déjà dans l’entrejambe de son amie, ouvrent les trois boutons-pression qui ferment le body. Elle sent que le tissu est tout humide, que Stéphanie est prête à jouir. Alors Hélène s’allonge auprès de sa partenaire. Elle garde une main entre les jambes de Stéphanie. D’abord, elle excite la peau de ses cuisses en la parcourant du bout des doigts. Le corps de Stéphanie frissonne de plaisir. Enfin, Hélène ne peut plus résister à l’attraction du sexe de son amie. Elle glisse un doigt entre ses lèvres et augmente l’intensité et la profondeur de son action. Le corps de Stéphanie exulte. La jeune femme passe ses mains autour du cou de celle qui vient de la rendre folle, elle l’attire à elle et l’embrasse passionnément.— Reviens demain, la supplie-t-elle, je veux que tu sois mon modèle !Hélène ne se fait pas attendre le dimanche après-midi. Elle arrive à l’appartement de Stéphanie dès quatorze heures, toujours de très bonne humeur. Les deux femmes discutent un bon moment de leur matinée, puis Hélène manifeste son impatience de débuter la séance de dessin. Pendant que Stéphanie réunit le nécessaire pour exercer son art, Hélène se déshabille rapidement et pose ses vêtements sur le dos d’une chaise. Elle est tout à fait à l’aise dans sa nudité. Elle embrasse son amie puis lui demande où elle doit s’installer. Stéphanie lui propose de s’allonger sur le canapé, de mettre un gros coussin sous son épaule.— Tourne-toi vers moi… Passe ta jambe au-dessus de l’autre… Voilà, c’est bien.Elle s’assied ensuite en face de son modèle, et le regarde longtemps avant de tracer quoi que ce soit. Le regard de Stéphanie a l’effet d’une caresse sur le corps d’Hélène. Elle ressent presque un plaisir physique à être ainsi observée.Pendant trois heures environ, Stéphanie trace, efface, recommence. Hélène reste immobile autant que faire se peut. Par contre, elle ne s’arrête pas de parler, même si elle ne reçoit guère de réponse de Stéphanie, qui se concentre sur son dessin. Enfin, lorsque ce temps est écoulé, la jeune femme juge que son œuvre est convenable pour un premier essai, et que le surcharger risquerait de lui nuire. Elle se lève, vient s’asseoir auprès d’Hélène, toujours en cachant le dessin.— Veux-tu le voir ?— Évidemment !Alors Stéphanie dévoile à son modèle son portrait sur le papier. Il plaît tout de suite à Hélène :— Tu as raison de dessiner, tu fais des merveilles ! Hélène regarde longtemps le travail de son amie : ce n’est pas pareil que de se voir dans la glace. Tu as la manière d’empreindre le dessin d’une sensualité troublante.Stéphanie rougit modestement. Ce compliment, venant de celle avec qui elle découvre le plaisir, lui va droit au cœur. Elle interrompt la contemplation d’Hélène :— Si cela ne te dérange pas, je vais le garder. Je t’en ferai un autre.Son amie ne fait pas d’objection. Bien sûr, elle l’aurait accepté avec plaisir, mais elle veut croire que Stéphanie éprouve un profond attachement pour sa première œuvre, et surtout pour ce témoignage unique de leur amour.